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Sirop de la Gaspésie

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Erablière: Coulée Gaspé
Exploitée depuis: 1993
Grosseur: 53,000 entailles sur 820 acres
Variétés érables:
     57% Érables à Sucre
     20% Érables rouges
Autres arbres:
     12% Bouleau
     10% épinettes
​Equipement:
     Concentrateur: Concentrateurs modulaires heRO
    Évaporateur: Evaporateur Master CDL
Approvisionnement énergie: Hydroelectricité
Type de sol: Assez plat avec sol argileux
Caractéristiques du sirop:
Des notes de caramel légèrement torréfié et une chaleur boisée subtile se révèlent jusqu'en finale. 
 
Erablière: Les érables du Rocher
Exploitée depuis: 2004
Grosseur: 38,000 entailles sur 370 acres
Variétés érables:
     75% Érables à Sucre
     3% Érables rouges
Autres arbres:
     20% Bouleau
     2% épinettes
​Equipement:
     Concentrateur: Nano RO
     Évaporateur: Evaporateur Phoenix granules
Approvisionnement énergie: Parc éloiènnes
Type de terrain: Valonneux avec sol argileux
Caractéristiques du sirop:
Des accents de beurre roussi et de fruits secs se dévoilent, portés par une pointe d'épices douce en fin de bouche.
 
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Historique

Bien avant qu'une seule cabane à sucre ne s'élève en Gaspésie, la sève des érables faisait déjà partie d'une tradition. Les Mi'gmaq habitent depuis des millénaires le Gespe'gewa'gi, territoire dont le nom, Gespeg, « là où finissent les terres », a donné celui de la Gaspésie. Ils connaissaient les érables à sucre des vallées de la Matapédia, de la Ristigouche et de la Cascapédia. Chaque printemps, ils les entaillaient et faisaient réduire la sève sur le feu. C'était le premier chapitre d'une histoire que nous continuons d'écrire aujourd'hui.

 

Pendant des siècles, la Gaspésie a vécu tournée vers la mer. La morue, salée et séchée sur les graves de Paspébiac à Percé, a bâti ses villages et fait vivre ses familles. L'hiver, la forêt prenait le relais. Les Gaspésiens ont toujours su tirer leur vie de ce que le territoire leur offrait, qu'il s'agisse de la mer, du bois ou des érables qui poussaient dans les vallées abritées de l'arrière-pays.

 

Ici, l'érable à sucre pousse près de la limite nord-est de son aire. Il ne pousse pas partout. Il s'installe sur les versants qui descendent vers la baie des Chaleurs et dans le creux des vallées, là où la mer adoucit le climat. Le printemps y arrive tard. Les nuits restent glaciales longtemps après qu'elles se sont adoucies ailleurs au Québec, et la sève coule lentement, à son propre rythme. La production est modeste : à peine une centaine d'entreprises acéricoles, la plupart en forêt publique et concentrées dans la MRC d'Avignon. Mais l'érable y donne bien : en 2022, la région du Bas-Saint-Laurent–Gaspésie a affiché le meilleur rendement au Québec.

 

C'est de cette tradition que vient notre sirop. Sa lignée va des feux de sucre des Mi'gmaq aux villages de pêcheurs, jusqu'aux érablières qui s'accrochent aujourd'hui aux collines du bout du monde. Chaque pot porte en lui un printemps tardif, l'air salin de la baie et ces nuits froides qui retiennent la sève jusqu'en avril.

Nous entaillons les mêmes collines. Nous faisons bouillir de la même façon. Nous sommes seulement les derniers à le faire.

Golden Honey Texture

La région

La Gaspésie occupe l'extrémité est de la péninsule gaspésienne, au Québec. Le fleuve Saint-Laurent la borde au nord, le golfe à l'est et la baie des Chaleurs au sud, en face du Nouveau-Brunswick. Elle couvre environ 20 000 kilomètres carrés et compte cinq MRC : Avignon, Bonaventure, Le Rocher-Percé, La Côte-de-Gaspé et La Haute-Gaspésie. Sa population est de près de 80 000 habitants, répartis dans des villes comme Gaspé, Chandler, Sainte-Anne-des-Monts et Carleton-sur-Mer. C'est un territoire de mer, de montagnes et de forêts. La route 132 en fait le tour, et les monts Chic-Chocs, parmi les plus hauts sommets du sud du Québec, en occupent le cœur.

 

L'occupation humaine de ce territoire ne date pas d'hier. Depuis des millénaires, c'est le Gespe'gewa'gi des Mi'gmaq, dont le mot Gespeg, « là où finissent les terres », a donné son nom à la région. Les Mi'gmaq y vivent toujours, dans les communautés de Listuguj, de Gesgapegiag et de Gespeg. C'est ici qu'en 1534, Jacques Cartier a planté une croix à Gaspé et revendiqué le territoire pour le roi de France. C'est aussi ici, à l'embouchure de la Ristigouche, qu'a eu lieu en 1760 la dernière bataille navale entre la France et la Grande-Bretagne en Nouvelle-France. Après la Conquête, des Acadiens chassés de leurs terres, des Loyalistes, des Irlandais, des Écossais et des Jersiais sont venus s'y établir. Ils ont fait de la Gaspésie l'une des régions les plus diversifiées du Québec rural.

 

Pendant près de deux siècles, l'économie gaspésienne s'est bâtie sur la morue. À partir de 1766, la compagnie jersiaise de Charles Robin a fait de Paspébiac le centre d'un commerce qui exportait la morue séchée jusqu'en Europe et dans les Antilles. La forêt et les mines ont ensuite pris le relais. Mais au tournant des années 1990 et 2000, la région a été durement frappée : effondrement des stocks de morue, fermeture de la papeterie de Chandler, fermeture de la mine de Murdochville. Plusieurs familles sont parties vers les grands centres. Depuis, la Gaspésie s'est réinventée autour de l'énergie éolienne, du tourisme et d'une agriculture et d'une acériculture de niche. Depuis quelques années, sa population recommence d'ailleurs à croître.

 

Le territoire mise aujourd'hui largement sur le plein air et le tourisme de nature. Le parc national Forillon, au bout de la péninsule, le parc national de la Gaspésie, avec ses caribous et le mont Jacques-Cartier, l'île Bonaventure et le rocher Percé, ainsi que le parc national de Miguasha, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO pour ses fossiles vieux de 380 millions d'années, attirent des visiteurs du monde entier. On y découvre aussi les produits du terroir régional : poissons et fruits de mer fumés, sirop d'érable, petits fruits, fromages et bières artisanales. Ils témoignent d'une région en train de redéfinir ce qu'elle a toujours été : un bout du monde entre la mer et la montagne, où l'on a toujours su vivre de ce que le territoire offre.

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